Élisabeth de Bavière incarne au fil des décennies une figure royale à la fois libre, moderne et anticonformiste, autant par ses choix personnels que par le souffle qu’elle insuffle à la monarchie belge.
Moderne avant l’heure, la reine Élisabeth de Belgique dépoussière la monarchie. En 1900, alors duchesse en Bavière, elle épouse le prince Albert de Belgique et s’éloigne très vite des codes de la cour. Si le prince a une image sévère et distante, Élisabeth, elle, est davantage vue comme gaie et fantaisiste. À son entrée remarquée à la cour de Bruxelles, elle est acclamée, et n’hésite pas à saluer la foule avec des gestes spontanés, envoyant des baisers. Un acte dit « inédit » pour l’époque. Son enfance, marquante à ses yeux, la pousse à manifester une certaine « indépendance, un mépris voire un attrait pour le danger » selon le média Plume d’Histoire.
Moderne et anticonformiste
Élisabeth est à l’image des femmes contemporaines, telle que Élisabeth Tible, première femme à voler en montgolfière en 1784, elle cultive également le goût du voyage et de l’exploration. Pour la première fois, une femme est actrice et non spectatrice. Au fil des décennies, la reine s’illustre par de multiples voyages audacieux, y compris dans des pays à l’époque jugés controversés, comme la Russie ou la Chine de Mao Zedong, alors chef du parti communiste chinois.
Ses nombreuses visites dans des pays du bloc de l’Est lui donne parfois le surnom de « reine rouge », ce qui suscite alors l’irritation des autorités belges. Cette idéologie jugée audacieuse au XXème siècle, qu’elle voyait comme un « idéal d’harmonie sociale », vient renforcer son image de femme indépendante qui refuse de se plier aux pressions diplomatiques et aux normes politiques en vigueur à ce moment-là.
Au revoir au corset
Insensible à la pression du rang, la reine Élisabeth défie les codes vestimentaires traditionnels. Elle passe à côté des corsets, des froufrous, des robes empesées, et adopte les coutures modernes des années 1930, notamment celles de Coco Chanel, rencontrée lors de ses escapades à Paris, où elle fréquente les boutiques de mode en quête des dernières nouveautés.
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Selon Plume d’Histoire, elle apprécie particulièrement le « côté liberté totale de la femme, tout en restant élégante » de la marque Chanel. Passionnée de mode, l’élégance chez elle rime donc avec liberté. Le XXème siècle devient alors l’occasion d’exprimer une mode féminine avant-gardiste, où la femme décide et incarne, par le vêtement, la modernité et l’autonomie.
Chacune de ses initiatives et chacun de ses choix, reste fidèle à ce principe fondamental : la quête d’une vie indépendante, loin des entraves et des codes anciens.