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Affaire Epstein 

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Guerre au Moyen-Orient

L’affaire Epstein a eu un impact considérable pour les nobles et les aristocrates. La rédaction de Point de Vue en a par conséquent énormément parlé. Selon mes collègues, l’homme d’affaires américain approchait les membres des familles royales pour exercer une emprise sur le monde entier et ainsi pouvoir faire du chantage s’il en ressentait le besoin. Décédé depuis maintenant cinq ans, Epstein était un personnage très médiatisé, mais pas pour les bonnes raisons, et deux personnalités des cours royales européennes ont pris part à ses magouilles.

Andrew Mountbatten-Windsor, surnommé l’ex-prince Andrew au sein de la rédaction, fils de la défunte Elizabeth II, était le premier personnage à se retrouver impliqué dans cette affaire. Rien de surprenant venant d’un homme qui a essuyé de nombreux scandales depuis les années 80. Inutile de rappeler qu’il a récemment été déchu de tous ses titres suite à ses nombreuses frasques : agressions sexuelles, physiques et morales, trafic sexuel, pédopornographie, pédophilie, viol… Certains tabloïds vont même jusqu’à dire qu’il aurait aidé Jeffrey Epstein dans ses affaires de proxénétisme. Des crimes que la presse a trop souvent passés sous silence. Nous en avons beaucoup parlé lorsque les médias britanniques ont sorti la nouvelle concernant ses échanges d’informations confidentielles sur le royaume avec l’homme d’affaires américain. Il a été arrêté au petit matin du mercredi 19 février 2026, jour de son anniversaire. Des images prouvent que l’ex-prince Andrew s’est rendu sur l’île d’Epstein et a pris part aux soirées malsaines du milliardaire, à de nombreuses reprises.

La princesse Mette-Marit, épouse du prince héritier Haakon, était également sous le feu des projecteurs. Dans un premier temps par le biais de son fils aîné Marius, issu d’une première union, inculpé pour près de 40 chefs d’accusation, dont : viols, violences sexuelles et conjugales et enregistrement de vidéos à caractère sexuel, sans consentement. Mais dans un second temps, lorsque les Epstein Files ont été déclassifiés par le gouvernement américain. Le nom de la Norvégienne est apparu des centaines de fois dans ces fichiers. Et ce n’était pas un hasard. Si elle a pour l’instant nié être impliquée avec l’homme d’affaires, tout comme l’ex-prince Andrew, les faits demeurent les mêmes et le palais royal norvégien a affirmé que la princesse Mette-Marit, qui ne s’est plus exprimée depuis le début du procès de son fils, avait séjourné à Palm Beach avec une amie, dans la résidence du milliardaire américain.

Suite à cet évènement, la presse française a couvert cette affaire non-stop durant plusieurs jours. Les téléphones des journalistes de Point de Vue n’ont cessé de sonner afin de décrocher un expert des têtes couronnées sur les plateaux télé. Ensuite, ce fut silence radio. Plus un seul appel, plus un seul message, plus un seul mail. C’est comme si la terre s’était arrêtée de tourner. Sauf que ce n’était pas le cas, le monde tournoyait encore, mais la médiatisation de l’affaire, aussi terrible soit-elle, a nettement diminué. Seuls les magazines people et féminins continuaient d’en parler.

Puis la guerre au Proche-Orient s’est étendue. Tout à coup, la règle du mort kilométrique perdait tout son sens. Le conflit gagnait du terrain et venait frapper aux portes de l’OTAN et bientôt à celles de l’Union Européenne. À chaque fois que nous en parlions, la peur venait s’installer dans un coin de notre estomac.

Par chance, lorsque j’entrais dans les bureaux de la rédaction de Point de Vue, avenue de Suffren, le calme régnait. Personne n’en discutait. Andrew Mountbatten-Windsor demeurait notre matière principale. La seule condition pour que le sujet de la guerre apparaisse en kiosque en une du magazine était que les Pahlavi, la famille royale iranienne, en parlent. N’en ressentant visiblement pas le besoin, la guerre n’était donc pas un objet d’article pour nous.

Ces deux actualités m’ont fait prendre conscience de trois points clés à mon sens.

En premier lieu : les atrocités du monde, dont je pensais être un minimum protégée en France, sont susceptibles de surgir à tout moment, de tous les côtés, des royautés, des groupes armés non-étatiques, ou encore des chefs d’État.

Mais plus encore : je me suis rendue compte que le métier de reporter de guerre est bien plus dur que ce que l’on pense. Le stress et la peur n’ont pas leur place sur le terrain, l’adrénaline prend le dessus à chaque situation… et c’est tant mieux ! Cette poussée les empêche d’être tués. Moi, la guerre me terrifie. Et ce n’est que maintenant qu’elle approche que je m’en rends compte. Si je veux un jour être reporter en zone de conflit, si tant est que j’en ai encore envie avec ce qu’il se passe, je devrais gagner en expérience.

Mais vient le dernier point et il est encore plus étrange : j’étais bien plus terrifiée et dérangée par la guerre au Moyen-Orient qui se propageait vers l’Europe que par l’entièreté de l’affaire Epstein. Sûrement puisque l’un pouvait m’atteindre mais pas l’autre.