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Le voleur aux 100 roues

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a été saisi ce mardi 30 septembre 2025, pour une affaire de vols d’accessoires de voiture. Deux jeunes hommes et la famille d’un des prévenus sont jugés.

Sur les communes de Villenave-d’Ornon, de Cenon ou encore d’Ambès, 106 roues de voiture ont été dérobées en l’espace de 2 mois, du 1ᵉʳ janvier au 21 février 2024. Pare-chocs, enjoliveurs, cache rétroviseurs, boîtier connecté. Ils désossaient les véhicules. Un préjudice estimé à 300 000€, par la gendarmerie. Laurentiu et Marouan sont accusés en ce mardi 30 septembre de plusieurs chefs d’accusation devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Vol, dégradation de biens privés, recel de biens volés et organisation de malfaiteurs. Mais ce ne sont pas les seuls à être jugés. La famille de Laurentiu, en la présence de sa mère, son père Ionel et sa compagne, Emma, est également jugée pour organisation de malfaiteur, recel de biens volés et fraude : aux allocations familiales et aux impôts.

40 infractions

Le prévenu se lève, et le juge énumère les vols. « vous avez volé quatre roues à Villenave-d’Ornon. Quatre roues à Cenon. » En tout, c’est quarante infractions, 23 communes et plus de 700 annonces sur un site de revente. À chaque délit, le même mode opératoire et la même surprise des propriétaires en découvrant leur voiture. De minuit à deux heures du matin, les deux complices arpentaient les rues à la recherche de voitures : « Renault de préférence » selon Laurentiu, qui ciblait cette marque au vu de sa popularité sur le territoire français. Les nombreuses victimes découvraient toutes leur voiture de la même façon. Sans roues, sur des rondins ou des troncs d’arbres, surélevé par des crics ou des pneus de biais. Le tout prenait aux malfaiteurs seulement 15 minutes.

Une seconde fois

Un des propriétaires affirme avec amertume devant le juge : « je me suis réveillé un matin pour partir au travail, j’ai retrouvé ma voiture sur un arbre […] ». Il termine sa phrase sur une note plus haute « j’ai dû débourser 438,95€ qui n’ont pas été remboursés par l’assurance ! » Une jeune femme, Emma, demande jusqu’à plus de 4500€ de dommages et intérêts pour le préjudice matériel, mais également pour le préjudice moral, puisqu’elle assure avoir du « changer d’assurance automobile » car la précédente ne « souhaitait plus l’assurer ». Sa voiture subissait le vol une seconde fois.

« On stockait les pièces chez lui »

La procureure se lève et requiert trois ans de prison et 5 000 euros d’amende, assortis d’une interdiction du territoire français pendant trois ans. Derrière son box en verre, Laurentiu s’agite. Son complice n’étant pas présent dans le tribunal, le jeune homme de 24 ans en profite pour parler. « Je ne postais pas autant d’annonces que lui […] on stockait les pièces chez lui ». Le verdict tombe : père, mère, fils et compagne sont jugés coupables. Laurentu est condamné à deux ans d’emprisonnement ferme, 3 000 euros d’amende ainsi que la confiscation des scellés, dont une Mercedes GLA et une BMW Série 5 pour une valeur combinée de 25 000 euros. Son complice s’en sort avec un an d’emprisonnement ferme et 3 000 euros d’amende.