Rebaptisée Bordeaux Village en 2022 après son rachat par le groupe Eiffel, l’ancienne promenade Quais des Marques voit sa fréquentation chuter depuis 2019. Les commerçants « outlet » déplorent cette évolution. Certains autres établissements en tirent profit.
De promenade ‘outlet’ à village shopping. Autrefois Quais des Marques, remplis de magasins de « déstockage », la célèbre promenade des quais de la rive gauche a été rachetée en 2019 par le groupe Eiffel. Elle se nomme aujourd’hui Bordeaux Village, et ce, depuis 2022. Le terme ‘outlet’ est un anglicisme de plus en plus employé pour désigner les produits d’usine défectueux ou non vendus. Les commerçants de ce type d’établissements déplorent l’arrivée de nouveaux magasins au sein des hangars.
Dragen, employé chez Home and Cook, un magasin de revente d’articles électroménagers, déplore : « on a eu une baisse de vente depuis 2022, donc on fait des promotions sur nos promotions. Ça peut aller jusqu’à -30% […] on travaillait mieux quand il n’y avait que des ‘outlet’ ». Au milieu des poêles en acier et des fait-tout, il reprend : « la proximité n’arrange en rien la situation. On peut venir en tramway, mais il y a peu de places de stationnement autour. On a un parking au-dessus, mais peu de gens le savent ». Malgré les points négatifs, Dragen tente de relativiser : « on est dans les premiers hangars, ceux d’après, c’est pire […] les passants ne font généralement pas tous les quais ».
De 16 à 8 millions de visiteurs
En effet, entre 2019 et 2023, la fréquentation de Bordeaux Village est passée de 16 à 8 millions de visiteurs, selon Georges Simon, président de l’organisation Bordeaux mon commerce. Mais bien que des commerces comme Home and Cook ne profitent pas de ce nouveau système, il rend service à d’autres. C’est le cas du célèbre café des Chartrons, Deus Ex Machina. Alexandre, manager d’équipe, affirme : se trouver dans une promenade constituée de magasins ‘outlet’ est un atout pour eux. Des tables en bois rustiques, des chaises en fer et des motos exposées, une ambiance « typique vintage ». « Les gens viennent se promener ou faire des emplettes, ils voient Deus et viennent boire un verre ou manger quelque chose ». Il reproche cependant au lieu le même point que son voisin Dragen : les places de stationnement manquantes.
« Des « bobos » un peu radins »
Deus est un établissement qui comprend à la fois une partie restauration et une partie magasin, et Alexandre voit les deux parties évoluer ensemble, tout en faisant des bénéfices différents. « Il y a des mois où c’est la boutique qui fait le plus gros chiffre d’affaires, mais la plupart du temps ça reste le restaurant ». Dragen appuie son propos en expliquant que généralement, les Bordelais se rendent sur les quais « pour s’y balader […] ce sont des « bobos » un peu radins ».